La lutte d’ICPPC pour sauver les fermes familiales polonaises.

La lutte d’ICPPC pour sauver les fermes familiales polonaises.

Apres avoir résisté a la politique communiste visant a créer d’immenses fermes d’Etat sous forme de coopérative, les fermes familiales de Pologne doivent désormais faire face aux mesures tres strictes de l’Union Européenne pour survivre.

En Pologne, il y a 2 millions de fermes familiales, soit 80% des fermes nationales. Celles ci utilisent des méthodes traditionnelles qui correspondent a ce qu’on appelle aujourd’hui l’agriculture biologique.
Depuis l’entrée du pays au sein de l’UE, ces méthodes sont critiquées par celle ci afin de mieux promouvoir l’agriculture industrielle et permettre ainsi la création de fermes a grande échelle. L’utilisation des pesticides, de machines technologiques et les monocultures sont ainsi favorisées.

En 2001, Jadwiga Lopata et Julian Rose, tous deux fermiers et fervents défenseurs d’une agriculture durable et écologique, se sont rendus a Bruxelles pour discuter des politiques mises en place par l’UE pour le secteur agricole. « Lors de cet entretien nous avons découvert que l’ambition de l’UE était de « faire disparaitre » 50% des fermes familiales polonaises afin de créer une parité entre les cols blancs, c'est-a-dire les cadres, et les fermiers » raconte Julian. Pour atteindre cette parité, 1 million de fermes doivent donc disparaitre progressivement pour laisser la place aux fermes industrielles de plus grande importance. « Une tragédie pour les milliers de familles paysannes » souligne Jadwiga.

Aujourd’hui, en 2014, 15% des fermes familiales ont déja disparu. « Pour arriver a leurs fins, l’UE via l’Etat polonais impose des normes et des régulations trop complexes pour etre suivies par les petites fermes. Ainsi, elles ne peuvent plus vendre leurs produits localement ou aux supermarchés et sont obligées de déposer le bilan ». Un exemple de ces régulations : en Pologne il est désormais interdit de produire du lait non pasteurisé pour des raisons d’hygiene (alors que c’est un produit tres sain et naturel). Pour vendre leur lait, les fermiers doivent produire un lait pasteurisé et donc investir dans du matériel couteux pas toujours facile a rentabiliser.

Mais pourquoi mettre en place de telles mesures contraignant la production de produits biologiques et des pratiques pourtant saines, viables et durables ? Selon Jadwiga et Julian, ce sont les lobbys des grandes corporations agricoles qui menent le jeu : « 8% des corporations détiennent environ 70% des graines commercialisées dans le monde avec des brevets. En empechant les petites fermes de vendre, leurs profits croissent considérablement puisque les consommateurs se dirigent alors vers les supermarchés ou leurs produits figurent en bonne place ». Et l’Etat y trouve également son compte puisque l’industrie agroalimentaire entraine en parallele le développement d’activités économiques : produits pétrochimiques, transport etc.

Afin de contrer les intentions de l’UE, Jadwiga et Julian ont créé une association appelée ICPPC (International Coalition to Protect Polish Countryside). En travaillant main dans la main avec les fermiers polonais, l’association cherche a valoriser et faire perdurer l’agriculture biologique mais pas seulement. Les technologies, comme le photovoltaique, et les pratiques écologiques sont également mises en avant pour améliorer le rendement des terres et baisser les couts d’exploitation des fermes.

A travers une seconde initiative, l’European Center for Ecological Agriculture and Tourism, ICPCC fait la promotion de l’éco-tourisme. L’enjeu est double : créer un revenu supplémentaire pour les fermiers et faire découvrir aux citadins le mode de vie bucolique des fermiers et leurs techniques écologiques. Grâce a cette initiative, 150 fermes accueillent ainsi régulierement des touristes et ont vu leurs conditions de vies s’améliorer.

Mais la grande ambition d’ICPPC est de donner une voix aux milliers de fermes familiales polonaises en alertant les politiciens sur les conséquences du développement de l’agriculture industrielle intensive. L’enjeu est considérable puisqu’un quart de la population vit a la campagne et que 20% de la population active a un travail lié a l’agriculture. Que se passera-t-il pour les familles qui perdront leurs fermes ?

Peu a peu, les fermiers ont pris conscience de ces problématiques et depuis 2012, ils multiplient les manifestations pour exprimer leur mécontentement contre les OGM, les normes trop strictes et le prix des terres trop élevé. Les fermiers représentant ensemble un groupe électoral important, les politiciens ont amorcé le dialogue et s’intéressent un peu plus a leurs revendications.

Cependant, le combat est loin d’etre gagné. Meme si la plupart des fermes sont réceptives aux idées d’ICPPC et ne suivent pas les normes imposées par l’UE, elles fonctionnent dans l’illégalité. « Cela est positif d’un côté puisque cela leur permet de survivre mais c’est aussi inquiétant pour l’avenir car le véritable sujet sera de savoir si les générations futures vont faire perdurer ces pratiques ou les abandonner completement. Et le fait que ce soit illégal n’aide pas » s’inquiete Julian.

Afin d’inspirer et de donner l’exemple, ICPPC a créé un centre ou de nombreux ateliers sont organisés autour de sujets tels que le photovoltaique, l’éco-construction ou encore la fabrication de compost. Grâce a leurs actions, a leurs partenaires (Ecoland et Coalition GMO Free Poland) et a leur réseau d’environ 500 fermiers, le retour aux cultures écologiques progresse et attire toujours plus d’adeptes.

Vincent Juilliard asso-iti.com

Découvrez l’éco-centre d’ICPCC sur http://eko-cel.pl/about-ecocentre et leur site internet : http://icppc.pl/index.php/en/

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